Résoudre une épine généalogique pour en découvrir d’autres

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Cet article sera consacré à mon ancêtre Louis MILLET car la « traque » de cet ancêtre reflète bien les mystères de la généalogie et les bâtons qui sont placés sur notre chemin de chercheur.

Louis naît à Barbuise, village aubois le 21 avril 1817 en fin de journée. Son père est « pâtre de bestiaux à laine », autrement dit, il est berger, il ne sait pas signer. Barbuise se situe à la limite entre l’Aube, la Marne et la Seine-et-Marne. Cette famille modeste compte plusieurs enfants, j’en ai trouvé 4 autres. Parmi eux, Nicolas et Joséphine parviendront à l’âge adulte et se marieront.

Archives Départementales de l’Aube, acte de naissance de Louis MILEET

Le jeune Louis rencontre Constance JALLON alors qu’il est encore jeune homme, avant 1836. Comment se rencontent-ils? A quelle occasion? Mystère… Barbuise et Maizières sont distants d’une vingtaine de kilomètres. Constance est née à Boujailles, dans le Doubs. Son père, Claude, est un grognard de Napoléon, je lui avais consacré un article ici. Il est venu s’établir à Maizières la Grande Paroisse dans les années 1820, c’est le village d’origine de sa femme.

carte géoportail trajet Barbuise Maizières carte état major
Itinéraire Barbuise – Maizières la Grande Paroisse
Géoportail

Bref, Louis et Constance se rencontrent et ce qui doit arriver, arrive…Ils se marient à Maizières le 18 avril 1836, lui a 18 ans, elle, 19 et sans doute un peu précipitamment, car leur fils aîné, Louis Ernest, naît à Maizières le 18 novembre 1836, à peine 7 mois après le mariage. Louis est fabricant de bas, un métier très fréquent à cette époque dans la vallée de la Seine.

Ils auront au moins 6 enfants, Constance, mon aïeule naît en 1848. A sa naissance, Louis est devenu berger. Est-ce une nouvelle activité? Je penche plutôt sur le cumul des métiers, la fabrication de bas étant un revenu bien nécessaire quand on était manouvrier, berger…

acte de naissance archives départementales Aube Maizières la grande paroisse
Archives départementales de l’Aube, acte de naissance de Constance Millet 8 novembre 1848 Maizières la Grande Paroisse

La vie s’écoule, hélas, en trouvant l’acte de mariage de Constance en 1871, j’apprends que Louis est mort à Paris en 1858. C’est bien jeune pour mourir, il laisse une femme et des enfants dont la dernière n’a que 10 ans.

acte mariage archives de l'aube maizières la grand eparoisse
Archives départementales de l’Aube, acte de mariage de Constance Millet 26 juin 1871 Maizières la Grande Paroisse

La traque commence alors… Me voici partie à l’aventure dans l’état civil parisien. Tous les généalogistes le savent, chercher un acte à Paris antérieur à 1871 est un jeu de hasard. En effet, les registres ont brulé lors de la Commune et depuis cette époque, on essaie de reconstituer l’état civil grâce à différents projets (les informations se trouventpour ceux qui veulent en savoir plus). Pleine d’espoir, je me lance et ne trouve rien… Je laisse en suspens cette question, après avoir essayé toutes les combinaisons de prénoms, de noms, de date, essayé de chercher une mention quelque part de mon Louis sur Généanet, Filae… Je profite d’un séjour à Troyes pour chercher dans les registres des juges de paix puisque Louis avait des enfants mineurs à son décès. En effet, il devait y avoir eu conseil de famille. Je ne trouve encore une fois rien du tout.

Il y a peu, j’ai entrepris de chercher les collatéraux de mes ancêtres, c’est à dire leurs frères et sœurs et de noter leurs descendants. Cela permet d’étoffer son arbre, ce qui est utile quand on souhaite retrouver des cousins génétiques. Je m’intéresse donc au frère de Constance, Louis, qui est né en 1847. Il se marie en 1884 et en lisant son acte de mariage, je trouve la mention suivante « …majeur fils de Louis Millet, décédé à Paris, douzième arrondissement, le vingt-sept août mil huit cent cinquante-huit, et de Constance Appoline Jallon, sa veuve, âgée de soixante-sept ans, sans profession demeurant audit Maizières la Grande Paroisse, ci présente et consentante;la mère de l’époux, l’époux et les témoins ci-après nommés déclarent avec serment que c’est par erreur si, en l’acte de décès du père de l’époux, le père de l’époux a été prénommé Lamy au lieu d’y être prénommé Louis;et que la mère dudit époux a été prénommée Léonie au lieu d’y être prénommée Constance Appoline… ».

archives départementales aube romilly sur seine, mariage
Archives départementales Aube, acte de mariage de Louis Millet
11 octobre 1884 Romilly sur Seine

Ben oui, mais si c’est ça comment trouver??? Si la déclaration n’est pas avec les bons prénoms, je fais comment moi? 🙂 Comme j’aime bien imaginer des choses, je me dis que Louis était un bon vivant, qu’il avait dû monter à la capitale pour participer à un évènement agricole vu qu’il était berger, qu’il avait des amis qui l’appelaient « l’ami », je sais pas, quelque chose pour expliquer ces différences.

Zou, me voilà repartie dans l’état civil parisien et grâce à Filae, je trouve la fiche de mon Lamy-Louis. Et là, en cherchant dans l’état civil reconstitué, je trouve son acte de décès. J’y apprends plusieurs choses : Louis était bonnetier, il avait une adresse à Paris (68 rue de Breteuil) et son décès a été déclaré par un médecin. Louis est décédé au 1 rue Lacepède, qui correspond à l’emplacement de l’ancien hôpital de la Pitié dans l’actuel 5e arrondissement. Le 68 avenue de Breteuil correspond aujourd’hui à un garage automobile, était-ce un hôtel à l’époque? Un immeuble? Il y a de la distance entre ces 2 adresses, pourquoi est-il décédé là-bas?

Archives départementales de Paris,
acte de décès de Louis Millet, 27 août 1858, Paris

J’ignore la cause du décès de Louis et pourquoi son acte comporte ces prénoms bizarres. Etait-il en déplacement professionnel? A-t-il été accidenté? N’avait-il pas de papiers d’identité sur lui? C’est la prochaine étape de ma recherche, il me faudra aller aux archives de l’Assistance Publique et des Hôpitaux pour essayer de trouver sa fiche et connaître la cause de son décès. Je vais aussi regarder dans Gallica et Retronews si des articles de journaux mentionnent un accident à cette date, bref, je vais fouiner un peu partout pour essayer de trouver des réponses. Une épine est dénouée, d’autres la remplacent…

En attendant, j’aime bien cette idée de « l’ami » Millet, pas vous?

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