H comme…sainte-Hélène

Pour ma première participation au Challenge AZ, je vous invite à faire connaissance avec mon environnement généalogique.

Oui, j’ai un ancêtre médaillé de Sainte-Hélène! Quand je l’ai découvert, au début de mes recherches, je ne savais pas ce que cela signifiait. J’ai donc cherché et voilà une autre source de fierté : un ancêtre grognard de Napoléon qui a survécu aux batailles et suffisamment longtemps pour recevoir cette décoration. Certes, il n’est pas le seul car on estime à environ 400 000 les récipiendaires de cette médaille, français comme belges, danois ou luxembourgeois (Eh oui, à cette époque, les frontières de l’Empire englobaient ces pays partiellement ou en totalité). On ne sait pas être plus précis car les dossiers ont été gérés par la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur et ces dossiers ont brulé en 1871 lors de la Commune (comme l’état civil parisien…).

La médaille de Sainte-Hélène a été créée en 1857 par Napoléon III. Elle rendait hommage et venait en aide aux soldats de l’armée française ayant servi entre 1792 et 1815, toujours vivants en 1857. Les hommes concernés devaient se faire recenser au niveau de leur commune de résidence afin que les services de la Grande Chancellerie puissent faire les vérifications nécessaires. Voilà donc ce qui est apparu lorsque j’ai tapé le nom de mon ancêtre SOSA 70, Claude Alexis JALLON :

www.stehelene.org

Claude Alexis est né le 5 mai 1787 à Boujailles dans le Doubs. La famille semble établie dans ce bourg depuis plusieurs générations, Jallon est par ailleurs un nom courant à Boujailles. Les registres ne sont pas accessibles numériquement pour cette commune, mais « Doubs Généalogie » a fait un travail précieux et c’est sur leur site que j’accède aux dépouillements effectués sur la commune. Ainsi, concernant les Jallon, pour un bourg rural dont la population a atteint 1060 habitants en 1831, qui en comptait 845 en 1793 et qui en compte 422 en 2016, 178 actes contenant ce nom ont été dépouillés entre 1741 et 1909.

Claude Alexis se marie le 27 février 1816 à Boujailles avec une jeune fille originaire de Maizières-la-Grande-Paroisse (rappelez-vous, c’est le berceau des Charonnat), Catherine Amable PAULIN. Il est décrit comme militaire sur son acte de mariage. Après les campagnes napoléoniennes, il part s’établir à Maizières et il y finira sa vie le 5 avril 1868.

Essayons de suivre son parcours militaire. Pour cela, je suis allée au Service Historique de la Défense (SHD) au château de Vincennes. La chance que j’avais, c’est que le régiment de Claude Alexis était renseigné. J’ai donc demandé conseil sur place pour trouver la côte du registre et le commander et après avoir patienté quelques jours, j’ai pu consulter le registre matricule du régiment… quelle émotion… chercher son nom, tourner les pages et enfin, le découvrir…

La case de gauche nous renseigne sur sa filiation, son état civil, sa description (j’apprends qu’il a les yeux bleus, le gène s’est perdu il y bien longtemps!!). La case suivante nous renseigne sur son parcours militaire, la suivante nous indique ses grades et la dernière détaille les campagnes militaires.

Claude Alexis est un conscrit de l’an 1807, cela veut dire qu’il a eu 20 ans en 1807 et qu’il a été recensé et incorporé le 11 mars de la même année dans le 7e Bataillon Principal. Au sein de ce bataillon, il a participé aux campagnes de 1807, 1808 et 1809 à l’armée d’Italie, à la campagne de 1811 à l’armée d’Espagne. Il passe ensuite au 4e Bataillon du Train et arrive au Corps le 8 août 1811.

Participe-t-il à la Campagne de Russie? Je ne parviens pas à savoir mais il est sans doute actif puisqu’il prend du galon en devenant Brigadier puis Maréchal des Logis le 16 août 1813. Il n’est probablement pas blessé non plus car il n’en est pas fait mention. Il est mis en congé illimité le 1er octobre 1814, 6 mois après l’abdication de Napoléon. Les soldats sont renvoyés dans leurs foyers.

Claude Alexis est toujours militaire en 1816 à son mariage et il habite encore Boujailles en décembre 1816 à la naissance de sa fille Constance. En 1819 ou 1820, il n’est ni à Boujailles ni à Maizières, son fils Joseph ne figure pas sur les tables de naissances. En revanche, le 3 octobre 1821, son fils Louis Antoine nait à Maizières, il y est manouvrier.. Il y habitera jusqu’à son décès. Vous trouverez ci-dessous le recensement de Maizières de 1836. On notera que sa fille Constance, âgée de 19 ans, mon ancêtre, est déjà mariée et vit avec son jeune époux Louis MILLET au domicile de ses parents.

Pour terminer cet article, je vous glisse la signature de Claude Alexis, la présence ou non de la signature dans les actes révèle beaucoup de choses sur l’individu et d’après celle-ci, j’en déduis qu’il maîtrisait suffisamment l’écriture pour avoir une vraie belle signature!

Sources : Retrouver un ancêtre soldat de la Révolution ou de l’Empire, Jérôme MALHACHE, Archives &Culture

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